Qu’est-ce qu’un médecin de santé publique ?

Qu’est-ce que c’est ?

Une médecine à grande échelle

Dans la plupart des cas, un médecin de santé publique n’exerce plus la médecine à l’échelle d’un individu mais la médecine à grande échelle : celle d’une population !

Il considère par ailleurs la santé dans une perspective plus large que l’absence de maladie, et s’intéresse à l’ensemble des facteurs (non seulement biologiques et comportementaux individuels, mais également environnementaux, sociaux…) susceptibles de l’influencer. Le médecin de santé publique porte en cela une ouverture naturelle sur les champs disciplinaires relatifs à l’étude de phénomènes populationnels (statistiques, épidémiologie, sociologie, économie, sciences politiques…).

Pour expliquer la démarche de santé publique, le plus simple (mais pas le plus exact !) est peut-être de la comparer à la démarche de médecine clinique, mais avec des méthodes spécifiques :

  • «prévention » par l’anticipation de problèmes de santé publique (par exemple en faisant une évaluation d’impact sur la santé d’un programme ;
  • « diagnostic » par la mise en évidence d’un problème de santé publique (par l’épidémiologie par exemple) ;
  • « traitement » par la mise en place d’interventions, de politiques de santé publique ;
  • « surveillance » par le suivi des actions mises en place.

C’est bien entendu une explication très réductrice, la santé publique est une discipline trop riche pour être réduite à cette simple démarche. Mais cette explication a l’avantage d’être facile à assimiler quand on sort de l’externat !

Une des forces de la santé publique est son caractère pluridisciplinaire. En effet, au cours de son internat l’interne de santé publique se formera dans différents domaines tels que :

  • Prévention et promotion de la santé, éducation pour la santé ;
  • Santé internationale, global health ;
  • Recherche épidémiologique et clinique, biostatistiques ;
  • Information médicale, bio-informatique et e-santé ;
  • Économie et gestion des systèmes de santé, politiques de santé, organisation des soins, management des établissements de santé ;
  • Gestion de la qualité et de la sécurité des soins ;
  • Environnement et santé ;
  • Sciences humaines et sociales appliquées à la santé, droit de la santé, éthique médicale ;
  • Etc.

Grâce à ses connaissances acquises dans ces diverses disciplines associées à ses connaissances médicales, le médecin de santé publique acquiert une vision globale de la santé, dépassant le strict champ du curatif. Cela lui permet de travailler et de collaborer avec tous les professionnels œuvrant pour l’amélioration de la santé des populations en jouant le rôle d’interface.

De nombreux débouchés

La formation offerte par l’internat de santé publique fait des médecins de santé publique une ressource rare et très recherchée.

Les médecins de santé publique ont des postes à responsabilités dans des domaines variés, en France ou à l’internationale. Par exemple :

  • Établissement public de santé (département de recherche, d’hygiène, ou d’information médicale, administration, CeGIDD) : recherche clinique et épidémiologique, bioinformatique, information médicale, gestion d’établissement, sécurité et qualité des soins, activité clinique…
  • Administration publique (administration centrale, agences nationales (Santé publique France, Agence nationale de sécurité du médicament, Agence de biomédecine…), Agence régionale de santé, collectivité territoriale, caisse d’assurance maladie…) : politiques de santé, gestion de l’offre de soins, économie de la santé prévention et promotion de la santé, épidémiologie, veille et gestion de crises, environnement et santé…
  • Organisme de recherche public (INSERM, CNRS, Institut de recherche pour le développement…) ou privé (Institut Pasteur, laboratoire pharmaceutique…) : recherche épidémiologique et clinique, épidémiologie de terrain, recherche en sciences humaines et sociales ou en économie de la santé, environnement et santé, recherche sur les systèmes de santé…
  • Industrie pharmaceutique : pharmaco-épidémiologie, accès au marché…
  • Sociétés du secteur privé (cabinet de conseils, start-up, médias, mutuelles…) : politiques de santé, offre de soins, prévention et promotion de la santé, recherche…
  • Institutions internationales (OMS, ONUSIDA…) : politiques de santé, gestion des soins…
  • Associations, ONG (Médecins du monde, AIDES, Solthis…) : recherche, épidémiologie de terrain, prévention et promotion de la santé, politiques de santé, sciences humaines et sociales…
  • Services de médecine sociale ou préventive : CeGIDD, Permanences d’accès aux soins de santé (PASS), Protection maternelle et infantile, services d’addictologie, service de santé scolaire ou universitaire…
  • Et beaucoup d’autres…

 Et la recherche alors ?

 

 N’hésitez pas à consulter le site du Collège de liaison des internes de santé publique (CLISP) et les résultats de l’enquête sur le devenir des anciens internes de santé publique.

 Des questions plus spécifiques ? La FAQ est là pour ça !