Causes et conditions extérieures des maladies et de la santé – Collège de France

Rémy Slama

La leçon inaugurale brossera un tableau chronologique des risques ayant pesé ou pesant encore sur la santé humaine, de la trilogie épidémies-guerres-famines, qui s’est progressivement et partiellement estompée pour faire place aux facteurs dits de style de vie (tabac, alcool, déséquilibres alimentaires, sédentarité) et aux agents physico-chimiques. Notre mouvement, centrifuge par rapport au patient et au déclenchement de la maladie, consistera à passer de l’énumération des causes de décès à l’identification des causes des causes. Les pathologies infectieuses, dont le développement a pu être favorisé entre autres par l’invention de l’agriculture, qui a rapproché humains et animaux domestiques, favorisant les zoonoses, ont été jusqu’au début du XXe siècle la cause majeure de mortalité en Europe. Avec leur contrôle progressif dans les pays du nord a eu lieu une transition épidémiologique, consistant en une diminution de la mortalité, qui a permis un allongement spectaculaire de l’espérance de vie, multipliée par trois en trois siècles (d’environ 25 ans avant la Révolution à 82 ans aujourd’hui en France), expliquée par la diminution de la mortalité par maladies infectieuses, survenant souvent tôt, progressivement remplacée par les maladies chroniques, survenant généralement à un âge plus avancé. Nous rappellerons la contribution des polymorphismes génétiques, des facteurs de style de vie à la survenue des maladies chroniques. Puis nous évoquerons les modifications de notre environnement au cours de l’Anthropocène, les éléments généraux en faveur d’un effet de l’environnement physico-chimique sur la survenue de ces maladies chroniques, et les arguments plus spécifiques allant dans le même sens, s’appuyant sur les développements méthodologiques récents, à la fois dans le champ de la toxicologie et, chez l’humain, des biomarqueurs d’exposition et de l’inférence causale (Judea Pearl), qui fournit un cadre rigoureux pour l’identification des causes des maladies dans une approche non expérimentale.

Journée de réflexion : Du projet pilote à la généralisation d’une innovation en santé, l’art délicat du passage à l’échelle

CONFÉRENCE EN LIGNE

Invitation conférence - Du projet pilote à la généralisation d’une innovation en santé, l’art délicat du passage à l’échelle

Le 4 avril 2022, Solthis réunit ONGs, chercheurs, bailleurs et autorités sanitaires pour croiser leurs regards sur les enjeux de passage à l’échelle afin d’améliorer l’impact des interventions en santé.

LE PROGRAMME

Accueil (9h30 – 9h45)

Introduction – Philippe DUNETON (Unitaid) § Ouverture – Serge BREYSSE (Solthis) (9h45 – 10h)

 

Session 1 – L’intégration des innovations dans les systèmes de santé : quels sont les facteurs de succès ? (10h – 11h10)

Modération :

  • Joan VALADOU (MEAE)

Intervenant·es :

  • Safiatou THIAM (CNLS – Sénégal)
  • Clémence DOUMENC-AÏDARA (Solthis)
  • Aïssa DIARRA (LASDEL)

Discussion table ronde 1 (10h50 – 11h10)

Pause (11h10)

 

Session 2 – Production et utilisation des connaissances : de quoi a-t-on besoin pour la mise à l’échelle ? (11h35 – 13h)

Modération :

  • Pr Brigitte AUTRAN (Faculté de médecine Sorbonne-Université, CIMI)

Intervenant·es :

  • Pr Nicolas MEDA (Université Joseph Ki-Zerbo, Ouagadougou)
  • Joseph LARMARANGE (IRD)
  • Céline LASTRUCCI (OMS)
  • Valéry RIDDE (IRD)

Discussion table ronde 2 (12h40 – 13h)

Pause déjeuner (13h)

 

Session 3 – Le financement du passage à l’échelle des interventions innovantes : au-delà des projets pilotes, qui prend le relai ? (14h10 – 15h45)

Modération :

  • Stéphanie TCHIOMBIANO (Think tank Santé mondiale 2030)

Intervenant·es :

  • Pr Ehui EBOI (PNLS – Côte d’Ivoire)
  • Marie BA (Partenariat de Ouagadougou)
  • Juliette SEBAN (FID – Fonds d’Innovation pour le Développement)
  • Nicolas LE GUEN (AFD)
  • TBC (Fonds mondial)

Discussion table ronde 3 (15h15 – 15h45)

Pause (15h45)

 

Session 4 – Les organisations de la société civile : quel rôle dans l’innovation, le plaidoyer et l’assistance technique pour la mise à l’échelle ? (16h10 – 17h20)

Modération :

  • Eric FLEUTELOT (Expertise France)

Intervenant·es :

  • Bintou DEMBELE (ARCAD Santé Plus – Mali)
  • Riccardo LAMPARIELLO (Terre des hommes)
  • Odé KANKU (Solthis)

 

Discussion table ronde 4 (17h – 17h20)

 

Synthèse et conclusion Sophie CALMETTES (Solthis) Agnès SOUCAT (AFD) (17h20 – 17h30)

Cocktail & vernissage exposition photo (TBC selon règles sanitaires) (17h45 – 19h)

 

Nous vous invitons à vous inscrire-ici afin d’assister à l’atelier en ligne. Les inscriptions sont gratuites et obligatoires.

Pour toute question, envoyez-nous un mail à .

Colloque HAS-PFUE « Évaluer ensemble les technologies de santé en Europe » – 7/03/2022

L’entrée en vigueur du règlement européen sur l’évaluation des technologies de santé marque le début d’une nouvelle ère.
Il institue une coopération accrue entre les agences des Etats européens en charge de ces évaluations, dans l’objectif de faciliter l’accès à l’innovation ayant un bénéfice clinique, dans l’intérêt des patients. Comment répondre à cet objectif sans déroger aux exigences de qualité, de sécurité et de transparence que nécessite toute évaluation de technologie de santé ? Quels sont les facteurs de réussite au long cours, comme en temps de crise ?

Ce colloque international et participatif, organisé dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, se propose d’éclairer ces enjeux essentiels de santé publique.

JE M’INSCRIS

Revue française d’éthique appliquée n°11

Sortie de la Revue française d’éthique appliquée n°11
Être touché
Éthique, épistémologie
et politique des affects en temps de crise

Sans avoir les pieds dans l’eau, peut-on être activement et collectivement affecté par la crise écologique ? Sans avoir la faim au ventre, peut-on être activement et collectivement affecté par la montée indécente des inégalités sociales ? Peut-on être activement et collectivement affecté au point de nous engager vers et avec l’autre, non plus seulement avec des slogans ou des valeurs, mais véritablement corps et âme, en résonance ? C’est donc de la construction d’un horizon éthique, épistémologique et politique des affects en temps de crise que ce dossier entend être une contribution. Comment les valeurs éthiques que nous défendons peuvent rentrer en résonance avec nos corps ou à travers tous nos sens ?
Comment peuvent-elles résonner aussi au travers de corps sociaux, de nos institutions dont les logiques guident nos actions quotidiennes et qui sont insensibles ou « muettes » face à ces valeurs ? Autrement dit, comment installer concrètement l’idée que l’affect est une forme de lien social et politique ?

👉Lire le sommaire du n°11 de la RFEA
👉Lire l’introduction du dossier
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Introduction au dossier
Léo Coutellec, Sebastian J. Moser, Hartmut Rosa

Du mariage paradoxal entre sensibilité et insensibilité

Nous sommes en temps de crise, une crise indissociablement éco­­logique et sociale dont il n’est pas question de documenter ici la nature ou de discuter la portée. Les diagnostics ont été faits (Devictor, 2015 ; Rockström et coll., 2009), les signaux d’alerte largement popularisés (Carson, 1962 ; Vargas, 2019). Et plus en avant, une question ne cesse de nous hanter : ne sommes-nous pas obligés de constater une grande insensibilité collective à la destruction du vivant et à l’injustice sociale ? Ou, situation plus trouble, constater un mariage paradoxal entre une sensibilité croissante d’une part – sensibilité écologique ainsi que sensibilité à l’injustice raciale et sexiste – et, dans le même temps, une insensibilité croissante à ces phénomènes dans la « vie factuelle » s’exprimant dans des actes et choix sociétaux qui aggravent aussi bien la crise écologique que sociale ? Sinon, comment expliquer que l’urgence de la question écologique reste à ce jour sans véritable réponse politique internationale à la hauteur des enjeux ? Sinon, comment expliquer que la migration – au lieu d’être reconnue comme une conséquence de la perte des espaces vitaux, d’une inégalité croissante ainsi que des guerres politico-religieuses – renforce les positions nationalistes et le repli sur soi ?

L’invisibilité médiatique ou informationnelle de ces phénomènes – destruction du vivant et injustice sociale – ne peut pas en être une raison acceptable à l’heure d’un accès sans précédent à l’information et d’une médiatisation croissante. Le manque d’analyse ou de compréhension à leur égard ne sont pas non plus de bons candidats pour expliquer cette insensibilité. Au contraire, il semblerait que l’espace des raisons soit largement mobilisé pour aider à décrypter, à analyser les causes et les effets de ces phénomènes. Sur le seul sujet du réchauffement climatique, nous en avons un bon exemple avec le travail de long cours du giec (2019). Reste la possibilité que l’inaction, le désintérêt ou l’insensibilité face à la destruction du vivant et à l’injustice sociale soient le fruit d’un choix éthique et politique, à savoir une pesée et un arbitrage de valeurs et de finalités. Effectivement, la défense de certaines valeurs, comme le profit économique, le confort, l’abondance matérielle ou, pour le dire autrement, l’extension de notre capacité de nous approprier le monde, d’utiliser la nature en la rendant maîtrisable en tout lieu et en tout point, pourraient prévaloir sur la création d’un mode de relation en résonance (Rosa, 2018 ; 2020). Mais alors, qu’en est-il de ceux pour qui cette aspiration à une relation au monde moins destructrice, plus résonante, reste une valeur primordiale, au point d’en faire un projet politique, mais qui pourtant n’agissent pas concrètement, ou trop peu, face à la destruction du vivant, n’incarnent pas ou trop peu au travers de tous leurs sens la colère d’une destruction de ces valeurs ? Ou, pour le dire autrement : pourquoi, comme nous le montrent de nombreuses recherches empiriques, ceux qui accordent une grande importance à la durabilité sont aussi ceux qui ont la pire empreinte carbone (Kennedy et coll., 2015 ; Moser et Kleinhückelkotten, 2018) ?

La sensibilité : un vecteur d’engagement à l’action ?

Comme l’information, comme le savoir, les valeurs ne semblent pas être en soi des principes directeurs de l’action. L’hypothèse que nous souhaitons formuler est la suivante : l’accès et la circulation de l’information, la construction et la diffusion des savoirs, l’affirmation et la défense de valeurs ne suffisent pas à tisser une relation avec le monde, ne suffisent pas à produire des axes de résonances qui nous engagent individuellement et collectivement à agir, lorsqu’ils sont vidés de leur dimension sensible, lorsque l’affect qui les sous-tend, ou du moins les traverse, est refoulé, inhibé, invisibilisé voire réprimandé. Or, aussi en guise d’hypothèse : être touché, atteint, ému ou animé par ce qui nous entoure est peut-être l’une des capacités indispensables pour faire face aux crises, capacité sous-déterminante de nos sphères informationnelles, de nos efforts cognitifs, de nos revendications axiologiques.

Au moins depuis le début des années 2000, la question de l’affect a attiré l’attention de plusieurs théoriciens pour dégager une autre conception de notre relation-au-monde (Massumi, 2002 ; Clough, 2008 ; Ruddick, 2010 ; Hoggett et Thompson, 2012 ; Nussbaum, 2013). Une chose exerce une puissance sur une autre, cette dernière s’en trouvant modifiée, nous dirons que l’affect est le nom de cette modification (Lordon, 2016). L’affect, l’affectus de Spinoza, est ainsi cette capacité à affecter et à être affecté. Plus précisément, l’affect décrit l’émoi émotionnel et physique de l’attention du sujet ; c’est ainsi « qu’il développe un intérêt intrinsèque pour le fragment de monde qui lui fait face et se sent […] en position de destinataire » (Rosa, 2020, p. 43). Cette interpellation ne peut pas être neutre, sans valeur ou sans signification.

Les récentes catastrophes sanitaires comme la pandémie du sars‑cov‑2 ou écologiques comme les inondations estivales en Europe de l’Ouest, compris comme événements qui nous arrivent et nous frappent, nous montrent comment cette disposition affective peut s’imposer à nous, nous laisser sans défense aussi bien au sens littéral qu’au sens figuratif. Victime d’un méga-feu, d’une violence effroyable, nous ne perdons pas uniquement nos biens matériels, la fumée âcre et la chaleur torride nous touchent dans notre chair, dans nos corps (Zask, 2019). L’événement catastrophique peut nous affecter au travers de tous nos sens. Il en sera de même pour ces populations contraintes de quitter leur logis, leur village, leur région suite à la montée des eaux, de ces peuples indigènes chassés par la déforestation, de ces familles dépendantes de l’aide alimentaire dans des villes où l’abondance matérielle et la sur-consommation sont devenues ostentatoires. En ces temps de crise, l’étendue de notre surface d’affection augmente considérablement.

Mais alors de nouvelles questions embarrassantes émergent : faut-il être touché individuellement par la catastrophe pour être touché par ses effets collectifs, ses effets sur autrui ? Faut-il vivre l’injustice dans son existence pour la combattre au-delà ? « Être touché » ne serait-ce alors qu’une disposition passive alimentant les thèses en vogue qui consistent à souhaiter l’effondrement pour qu’enfin le sursaut civilisationnel se produise ? C’est une voie possible mais dont certaines limites ont déjà été diversement documentées (Larrère et Larrère, 2020). Cette position qui consiste à dire « tant qu’on n’a pas les pieds dans l’eau, on ne bouge pas » est caractéristique d’une certaine façon de comprendre la place et le rôle des affects. Elle cantonne ces derniers à des dispositions passives et individuelles. L’affect est réduit à ce que l’on reçoit passivement, en tant que sujet. Pourtant, nous pouvons comprendre que « tout est affaire de figurations intenses puisque ce sont ces images, ces visions qui, bien plus que tout autre discours abstrait sur la cause, déterminent à épouser la cause » (Lordon, 2016, p. 65). Ainsi, pourrait-on faire de l’affection une contagion, non angoissante mais mobilisante, créer des « machines affectantes » dont le but n’est pas de nous contraindre devant la certitude d’une catastrophe mais de nourrir notre puissance d’agir avec et face à celle-ci.

Reformulons ainsi ce que nous explorons dans ce dossier : la disposition à être touché, la survenue de l’affect dans notre façon d’agir ou de réagir face à la destruction du vivant et/ou à l’injustice sociale peut aussi être une disposition active et non spécifiquement individuelle. Une disposition à cultiver et à encastrer dans l’information, le savoir, l’éthique. Comment l’information peut-elle être autre chose qu’une entreprise de production de subjectivités contemporaines aliénées ? La science, et plus généralement la démarche cognitive, peut-elle être comprises autrement que comme une démarche insensible de désensibilisation (Dumain et coll., 2013) ? Comment les valeurs éthiques que nous défendons peuvent-elles entrer en résonance avec nos corps, traverser tous nos sens ? Comment peuvent-elles résonner aussi au travers de corps sociaux, de nos institutions dont les logiques guident nos actions quotidiennes et qui sont insensibles ou « muettes » face à ces valeurs ? Autrement dit, comment installer concrètement l’idée que l’affect est une forme de lien social et politique ?

Pour aller au cœur de la problématique que nous interrogeons dans ce dossier, nous posons la question suivante : comment peut-on caractériser, documenter, valoriser un lien entre l’affect et l’action qui ne soit pas uniquement le résultat passif d’une situation contrainte ou qui réduit l’affect à une forme de sensiblerie inoffensive ? « Être touché », plus qu’une injonction au changement individuel ou la disposition passive à espérer, pourrait être à la fois une disposition à cultiver collectivement et une méthode pour l’action. Sans avoir les pieds dans l’eau peut-on être activement et collectivement affecté par la crise écologique ? Sans avoir la faim au ventre, peut-on être activement et collectivement affecté par la montée indécente des inégalités sociales ? Peut-on être activement et collectivement affecté au point de nous engager vers et avec l’autre non plus seulement avec des slogans ou des valeurs, mais véritablement corps et âme, en résonance ? C’est donc la construction d’un horizon éthique, épistémologique et politique des affects en temps de crise que les contributions de ce dossier cherchent à construire.

👉Lire l’article entier sur Cairn (en libre accès)

Une initiative de l’Espace éthique Île-de-France

L’Espace de réflexion éthique de la région Île-de-France est un lieu de diffusion, de réflexion et de formation aux questions éthiques et sociétales de la santé, du soin, de l’accompagnement et de la recherche. Il travaille en réseau avec les institutionnels, professionnels et associatifs en Île-de-France. Depuis 2013, il est sous l’autorité de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France. Il tend à développer une réflexion et une démarche éthiques appliquées aux réalités de terrain, en réponse aux demandes des intervenants et des décideurs publics et institutionnels. Pour créer les conditions d’une concertation pluraliste, et concilier un travail d’observation, de veille et d’anticipation, l’espace de réflexion éthique de la région Île-de-France est investi dans des domaines de recherche-action qui recouvrent un champ très large (vulnérabilités dans la maladie, innovations thérapeutiques, nouvelles technologiques qui transforment les pratiques…). Il a également pour mission de proposer des formations universitaires et de produire une recherche en éthique susceptible de contribuer aux débats publics, et aux échanges nécessaires entre les différents partenaires.

En savoir plus : http://www.espace-ethique.org
Contact presse : 

Enquête nationale : Refonder ensemble la démocratie en santé

Un questionnaire pour participer à notre enquête nationale et contribuer à l’éventuelle évolution de loi du 4 mars 2002 : https://www.espace-ethique.org/enquete-democratie-sante

Renouant avec la grande tradition de l’Espace éthique, dans la perspective des 20 ans de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, nous mettons en place une réflexion de nature à contribuer à une analyse des évolutions induites par cette législation mais également à émettre des propositions susceptibles de justifier de la faire aujourd’hui évoluer.
Depuis les années sida qui ont provoqué les mutations consacrées dans ce texte législatif, nombre d’évolutions sont intervenues dans les champs de la santé et du médico-social. À certains égards, les premiers temps de gestion de la pandémie ont révélé certaines carences, ne serait-ce que dans la quasi absence des instances représentatives de la démocratie en santé à l’approche des arbitrages sanitaires. Plus significatives encore, les évolutions dans les pratiques biomédicales et l’esprit du soin, l’irruption du numérique en santé, l’émergence de nouveaux modèles associatifs ont, entre autres choses, contribué à une recomposition de l’environnement de l’accompagnement et des soins, que ce soit à l’hôpital, en établissement ou à domicile.
L’Espace éthique AP-HP a été créé en 1995 dans la dynamique des années sida et s’est inspiré d’une culture qui a déterminé nombre d’initiatives aux résultats certes contrastés mais dont l’exigence de concertation, d’expertises partagées et de partenariats est considéré avec sérieux même si tant de contraintes de toute nature limitent l’effectivité de résolutions solennelles.

En savoir plus : http://www.espace-ethique.org
Contact presse : 

Séminaire ‘développement des compétences psychosociales des enfants et des jeunes : un référentiel pour favoriser un déploiement national’ – 14 et 15 décembre 2021 – Santé Publique France

Santé publique France et ses partenaires organisent, les 14 et 15 décembre 2021, un séminaire en ligne sur les compétences psychosociales des enfants et des jeunes. Travaux en cours, partage d’expériences, témoignages… découvrez le pré-programme.

Les programmes qui ont montré leur efficacité dans la prévention de différents problèmes de santé sont fondés sur l’apprentissage de compétences psychosociales (cognitives, émotionnelles et sociales). Elles participent à l’adoption de comportements et d’attitudes favorables à la santé et contribuent au développement de capacités d’adaptation, de l’estime de soi, de la confiance en soi, de la gestion de l’anxiété, de la prise de décision. Les enfants et les jeunes acquièrent ainsi une plus grande capacité à faire des choix éclairés et raisonnés et des aptitudes à « vivre ensemble ». Ce sont des compétences de vie que les enfants doivent pouvoir développer progressivement depuis leur plus jeune âge, en milieu scolaire, au sein de la famille et en interaction avec leur environnement, afin qu’ils puissent se les approprier et les réutiliser dans leur vie sociale et professionnelle future.

Les compétences psychosociales sont au cœur de la promotion de la santé et des programmes de prévention probants ; elles permettent d’agir favorablement sur le bien-être, la santé mentale, les addictions, la santé sexuelle et la réussite éducative. C’est dans ce cadre, que Santé publique France organise un séminaire en partenariat avec le comité de pilotage de la stratégie nationale de renforcement des compétences psychosociales des enfants et des jeunes. Il s’adresse aux décideurs publics, aux professionnels de santé du secteur social, de l’éducation auprès des enfants et des jeunes, aux acteurs locaux, aux chercheurs, et aux représentants des familles.

Des programmes de développement en plein essor en France

Déjà largement déployés dans certains pays, les programmes de développement des CPS sont en plein essor ces dernières années en France, portés entre autres par Santé publique France, les agences régionales de santé, les ministères en charge de la santé, de l’éducation nationale, de l’enseignement agricole et de l’enseignement supérieur, les collectivités territoriales et la protection judiciaire de la jeunesse. Il y a un foisonnement d’initiatives et d’expériences. Les approches sont plurielles et varient selon l’âge des enfants, les objectifs, les professionnels, le contexte et l’environnement dans lequel elles prennent place. Elles appellent des points d’attention et de vigilance, si l’on souhaite se placer dans une démarche de qualité, d’efficacité, de durée et de cohérence. Il importe de bien penser la logique d’intervention dans la durée, dès le plus jeune âge et jusqu’à la sortie du parcours scolaire. C’est un défi majeur qui concerne toutes les parties prenantes, institutionnelles et de la société civile.

A quoi va servir ce séminaire ?

Ce séminaire sera l’occasion de dresser un état des connaissances actuelles sur les compétences psychosociales et de faire un bilan historique de la situation en France. Il a également vocation à présenter les travaux d’un référentiel sur les compétences psychosociales dont la publication est prévue pour fin 2021 et permettra d’initier une seconde phase, prévue en 2022-2023, visant à produire des supports pratiques pour favoriser un déploiement sur l’ensemble du territoire.

La parole sera donnée à des acteurs de terrain et à des scientifiques afin d’échanger et de partager les savoirs scientifiques et les expériences accumulées au cours de ces dernières années.

Retrouvez le programme ici.

Une seule santé à l’échelle des territoires : des leviers d’action – 15 décembre 2021 – Journée du réseau ORS

Cette journée aura lieu le mercredi 15 décembre à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), Paris 11ème. Elle est organisée en collaboration avec le DIM One Health, Ekopolis, l’UMR SADAPT de l’INRAE et VetAgro Sup.

Le mot d’ordre « One Health » ou « une seule santé » en français, développé dès les années 2000, propose une approche collaborative, multisectorielle et transdisciplinaire des enjeux sanitaires  « tout en reconnaissant les interconnexions entre les personnes, les animaux, les plantes et leur environnement commun » (One Health Commission, 2019). Aussi, la démarche One Health cherche, d’une part, à améliorer les connaissances sur les relations qui existent entre la santé animale, la santé humaine et l’état des socio-écosystèmes et d’autre part, propose la mise en œuvre d’actions destinées à transformer le domaine de la santé publique traditionnellement centré sur la santé des populations. En France, le quatrième plan national santé environnement, publié en mai 2021, s’inscrit dans ce changement de paradigme : « La France [..] s’engage dans une approche intégrée et unifiée de la santé publique, animale et environnementale autour du concept « Une seule santé » ou « One Health » » (PNSE4, 2021).

Au-delà de l’incitation forte à dépasser une gestion cloisonnée des politiques publiques, au niveau local et tout particulièrement en Île-de-France, comment les acteurs du territoire peuvent-ils s’approprier ce mot d’ordre et concourir à « Une seule santé » ? 

Des acteurs du monde de l’écologie, des sciences sociales, de la santé humaine et animale, des collectivités et représentants de la société civile seront rassemblés mercredi 15 décembre pour présenter des initiatives territoriales inspirantes, échanger sur leur reproductibilité et ainsi fournir des éléments de réponses aux problématiques suivantes :

 Quelles organisations territoriales pour inscrire les politiques locales dans une démarche « Une seule santé » ?

  Comment le territoire peut-il contribuer à l’amélioration des connaissances sur les interactions entre santé animale, humaine et fonctionnement des écosystèmes ?

 Comment sensibiliser, former et accompagner les professionnels sur les territoires ?

 Quelles contributions du citoyen, partenaire central de la démarche une seule santé ?

Retrouvez le programme ici.

3e Journée éthique et santé publique « Quand le soin est facteur d’inégalités. L’accès aux soins entre universalisme et particularisme » – 10 janvier 2022

 


Quand le soin est facteur d’inégalités. L’accès aux soins entre universalisme et particularisme

Date : le lundi 10 janvier 2022, de 9h30 à 17h
Lieu : Salle jaune, Hôpital Saint-Louis, 1 avenue Claude Vellefaux (75010 Paris)

Le système de soin au sens large (préventif et curatif) est souvent perçu comme un facteur d’égalisation entre individus. Il l’est certes en partie au sens où il assure, dans la plupart des pays européens, un égal accès de tous aux soins. La visée universaliste suppose bien de garantir, par la mutualisation des risques, que riches ou pauvres, malades ou bien-portants, les citoyens puissent accéder aux dispositifs préventifs et curatifs que requièrent leurs besoins tout au long de leur vie.
Toutefois, comme on le sait, les soins prodigués ne sont pas identiques d’un patient à un autre et sans doute ne peuvent-ils pas l’être. Par ailleurs, comme on le sait aussi, un fossé existe entre l’accès aux ressources et l’usage réel de ces dernières de sorte que, paradoxalement, en même temps qu’il contribue à égaliser les conditions de vie, le système de soin nourrit les inégalités.
Le soin, facteur d’inégalités : tel est donc le constat paradoxal que cette journée d’étude prendra pour point de départ. Plus précisément, nous distinguerons deux modalités d’aggravation des inégalités qui seront les objets de la matinée et de l’après-midi :

  • Le traitement indifférencié de situations qui pourtant nécessiteraient des traitements distincts, ce que nous traduisons par le titre « ignorer les différences« .
  • Le traitement différencié de situations qui pourtant nécessiteraient des traitements identiques, ce que nous traduisons par le titre « créer des différences« .

Pour chacune de ces sessions, nous choisirons des terrains d’étude ciblés. À chaque fois, il s’agira au fond de se demander ce qu’il en est de cette promesse universaliste d’égalité inscrite au fondement de notre système de santé, dans un contexte où l’offre de soins semble se tarir ou se fragmenter.
Peut-on encore la tenir ?

Coordination scientifique
Anne-Caroline Clause-Verdreau, Médecin de santé publique, Observatoire des pratiques éthiques, Espace éthique de la région Ile-de-France
Alexia Jolivet, Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication, UR 1610 Etudes sur les Sciences et les Techniques, Université Paris-Saclay
Paul-Loup Weil-Dubuc, Docteur en philosophie, Responsable de la recherche, Espace éthique de la région Ile-de-France, INSERM/Paris-Saclay/CESP U1018

Pour plus d’informations et pour vous inscrire, rendez-vous sur le site.

Cycle de webinaires : Santé psychique et environnement : des liens multiples

Webinaire 4 : Vivre en ville : Impacts de l’environnement urbain sur la santé psychique  

Le 30 novembre 2021 de 9h30 à 12h

La ville est parfois associée à l’anxiété et au stress du fait de sa densité, de son rythme accéléré et d’une forme d’anonymat qui peut rimer avec isolement. Les problématiques environnementales telles que les îlots de chaleur, la pollution de l’air ou le bruit peuvent venir alimenter ce sentiment de mal-être. Qu’est-ce qui, dans l’aménagement des villes, peut avoir une incidence sur la santé psychique et accentuer ou atténuer les contraintes de la vie citadine ? Comment prendre en compte la dimension psychologique, les perceptions et vécus des habitants dans la conception des villes ? Comment cette question de la santé psychique en ville est-elle prise en compte par les collectivités et les urbanistes ?

Intervenant.e.s : 

  • Maéva Bigot, Psychologue sociale, co-fondatrice de Psykolab, membre de la Fabrique des Transitions de Lyon et ses Régions
  • Etienne Régent, Architecte membre de la Fabrique des Transitions de Lyon et ses Régions

Webinaire 5 : Forum d’idées et d’échanges : comment passer à l’action collective ?

Le 9 décembre 2021 de 14h à 16h30

Pré-requis pour participer  : avoir assisté à au moins deux des webinaires précédents

Les liens multiples entre santé psychique et environnement peuvent se traduire par de la sidération, de la colère mais aussi par un désir de passage à l’action. Souvent entravé par des freins individuels ou collectifs, le passage à l’action est plus fort et porteur lorsqu’il s’inscrit dans une mobilisation collective. Quelle place ont les émotions pour appuyer, déclencher ces actions collectives ? Comment transformer nos émotions face au changement climatique et aux dérèglements environnementaux en un moteur pour passer à l’action ? Comment s’organiser ? Comment accompagner les publics dans des actions collectives ? Quelles actions collectives sont les plus porteuses ?

Intervenante : Corinne Morel-Darleux, Autrice et militante écosocialiste

Pour plus d’informations et pour vous inscrire, rendez-vous directement sur le site de l’événement.

21e journée SANTÉ GLOBALE ET SANTÉ DURABLE – Société Française des Acteurs de la Santé Publique Bucco-Dentaire

Les 21e journées Santé globale et santé durable se tiendront le 6 et 7 janvier 2022, au Couvent des Jacobins à Rennes. Ce moment de forte visibilité sera notamment l’occasion d’interpeller les candidat.es à l’élection présidentielle autour des propositions de la FAS, issues de l’action des adhérent.e.s sur le terrain, partout dans le pays autour des Fédérations régionales, pour apporter des réponses face à la pauvreté. Pr. Emmanuel Rusch, Président de la Société Française de Santé Publique, interviendra.

Retrouvez le programme détaillé et le lien d’inscription sur la page de l’événement.